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31èmes Assises nationales de l’aide aux victimes (1)

Violences au travail : intervention de Jacques Dallest, procureur général près la cour d’appel de Grenoble

À l’occasion des 31èmes Assises nationales de l’aide aux victimes s’est tenu à Valence dans la Drôme les 22 et 23 juin 2017 un colloque portant sur la problématique des violences au travail.

À l’ouverture du colloque, différentes interventions ont introduit le sujet. Voici les points forts de l’intervention de Jacques DALLEST, procureur général près la cour d’appel de Grenoble.

Vaste sujet de société, la violence au travail convoque la sociologie, l’économie, la morale et le droit. Elle met en scène de nombreux acteurs, publics ou privés, institutionnels ou simples citoyens. Parmi ces acteurs, les associations d’aide aux victimes ont un rôle important à jouer.

Comment définir la violence au travail ?

Cette violence peut prendre de multiples formes :

  • Violence des mots : insultes, menaces
  • Violence du comportement : agressivité, harcèlement sexuel ou non, mobbing, destructions matérielles
  • Violence du geste : agressions, coups et blessures

Ces violences sont souvent exercées par des personnes externes : usagers du service, clients, tiers. Mais ces violences ont aussi lieu en interne : supérieurs à l’égard de subordonnés ou entre collègues.

Ce sont des violences volontaires, qui engendrent un sentiment d’insécurité, de peur, d’humiliation, d’impuissance, qui s’accompagne le plus souvent de souffrance.

  • Violence inhérente à l’activité professionnelle : accidents du travail, maladies professionnelles (amiante, intoxication)
  • Violence due aux conditions de travail : conditions dures, fatigantes, dangereuses

Ces violences sont involontaires, mais elles n’en ont pas moins des conséquences souvent dramatiques, parfois mortelles.

  • Violence sociale et économique : perte d’emploi.

Ce type de violence peut provoquer une perte de l’estime de soi et être vécue comme une atteinte à la personnalité.

Quels sont les facteurs qui augmentent le risque de violence ?
  • Le travail avec le public
  • La manipulation d’argent, d’objets de valeur
  • La prestation de services : soins, conseils, formation
  • Le travail avec des personnes fragiles, instables (service social, justice pénale)
Comment lutter contre la violence au travail ? Comment aider celles et ceux qui en sont les victimes ?

Telles sont les questions auxquelles le colloque de ces Assises va tenter de répondre. Toutes les réflexions qui se dégageront de ces deux journées de travail contribueront à renforcer la coordination des divers acteurs et à développer l’utilisation de tous les outils permettant de réduire les violences au travail et les souffrances qui en résultent.

Que conclure ?

Pour finir, voici une citation d’un philosophe du XVIIIe siècle qui nous invite à demeurer stoïques quand nous nous sentons agressés : « Oppose la douceur à la violence, la politesse à la grossièreté et le raisonnement à l’injure ».

Efforçons-nous d’avoir cette sagesse et ce courage dans nos métiers respectifs.

Mais gardons aussi à l’esprit que nous-mêmes, parfois à notre insu, nous pouvons exercer une violence terrible, que ce soit par nos paroles ou nos attitudes, par routine professionnelle ou simplement oubli de l’autre : le diable est souvent en nous-mêmes !

Pour en savoir plus : message de Nicole Belloubet, Ministre de la Justice.

Chatuzange le Goubet, 22 juin 2017.

Jacques Dallest, procureur général près la cour d’appel de Grenoble

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