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La Maison de la médiation : la comédiation, gage de qualité

La Maison de la médiation démarre son activité associative à l’automne 1989 alors que quelques pionniers, formés à la médiation par Jean-François Six, assurent des permanences d’accueil rue Henri Barbusse à Paris. Leur objectif initial est d’informer sur la médiation et d’en faire la promotion. L’activité de médiation proprement dite démarre à l’automne 1991, au moment de l’arrivée de François Crozier. Celui-ci avait expérimenté, à l’ADEF à Bobigny, une médiation à deux médiateurs.

Le savoir-faire de médiation est alors embryonnaire, et la comédiation sécurise les médiations et permet un meilleur apprentissage, grâce aux échanges qui ont lieu entre médiateurs avant et après chaque entretien. La demande de médiation est alors trop réduite pour satisfaire les attentes des médiateurs, et la comédiation est aussi une réponse pratique à la pénurie de médiations... Elle est du reste au même moment pratiquée, pour des raisons similaires, autour de Jacqueline Morineau et d’autres fondateurs.

Rapidement toutefois, de nouveaux avantages de cette pratique sont mis en évidence, et la comédiation est généralisée à toutes les médiations de la Maison de la médiation jusqu’à aujourd’hui.

MaisonMediationA première vue, la comédiation offre des avantages en termes de qualité d’écoute et de vigilance, de regards croisés, de contrôle de la neutralité et de l’impartialité du médiateur. Les médiés nous confient parfois leur sentiment de plus d’ouverture et de sérénité, un sentiment renforcé si les comédiateurs sont un homme et une femme, ou différenciés dans leur style et leur âge... Ensuite, la comédiation garantit une meilleure stabilité des médiateurs face aux médiés, elle réduit les risques liés aux caractères plus difficiles, permet aux médiateurs de faire preuve de davantage d’empathie ou de patience. Dans toutes les médiations complexes elle est précieuse, la collaboration produit de la sécurité et mobilise plus d’intelligence collective.

Mais la principale difficulté de la comédiation tient... à la présence de deux médiateurs. Elle suppose une entente qui n’est pas spontanée, entre deux personnalités de formations, de parcours et de sensibilités différentes. La comédiation demande donc à chaque médiateur un supplément de travail et de clarification :

  • en amont de la collaboration sur ses conceptions de la médiation, son intelligence émotionnelle, ses compétences individuelles mais aussi ses limites
  • avant comme après les entretiens, des échanges et des confrontations de points de vue
  • périodiquement, une évaluation du fonctionnement de chacun et du binôme, une recherche commune de solutions aux difficultés.

La comédiation permet donc entre les médiateurs un premier niveau permanent d’analyse de pratique, les incite en permanence à être réalistes et sincères, à se remettre en question. C’est une prise d’expérience continue, qui permet à chacun de progresser, notamment si le travail de comédiation est effectué avec des médiateurs renouvelés.

D’autre part, la comédiation mobilise deux fois plus de temps et d’énergie qu’une médiation en solo. Cela peut être pénalisant en termes de rentabilité économique, car il est difficile d’obtenir double rémunération, même en regard d’une meilleure valeur de service pour les médiés. Aussi la Maison de la médiation a-t-elle institué dans son effectif, autour de 30 personnes, un subtil équilibre entre médiateurs salariés et médiateurs bénévoles ou stagiaires. Autre originalité de l’association, ces populations travaillent en permanence ensemble, et participent aux mêmes réunions d’analyse de pratique.

Cette pratique de comédiation permet l’accueil de médiateurs débutants ou moins expérimentés. Les médiateurs diplômés sont chaque année plus nombreux. Ils manifestent une forte attente d’accès à la pratique. En effet, en dehors de la formation pour le diplôme d’état de médiateur familial, les formations de médiateurs n’offrent aucune réelle expérience pratique. Or il est excessivement difficile, voire dangereux, de démarrer une activité de médiation alors qu’on en a qu’une connaissance théorique. La médiation doit avoir été vécue en situation, et seul ce vécu est réellement générateur d’expérience. La comédiation est donc une chance unique d’accès à la pratique pour le nombre toujours croissant de médiateurs débutants.

Ainsi, plus de 25 ans après le démarrage de la Maison de la médiation, la comédiation continue à jouer son rôle, comme lieu de pratique, comme gage d’une meilleure qualité et comme réponse concrète à un déséquilibre qui persiste entre les attentes des médiateurs et la demande de médiation.

Pour en savoir plus.

Jean-François Pellerin, Président de la Maison de la médiation

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