ANM - Association nationale des médiateurs



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Médiation de la consommation

Semaine de la médiation

24 janvier 2024

La formation est un élément essentiel pour la professionnalisation des médiateurs. L'ANM se concentre sur la formation continue en privilégiant les formations innovantes.

Voici les prochaines formations à venir :

Laure SINGLA,

La Médiation administrative / Approfondissement

Les jeudi 29 février et vendredi 1° mars 2024, de 09h à 17h

En visio

Dominique RETOURNE,

La troisième écoute, réflexions ludiques et partagées entre médiateurs

le lundi 11 mars 2024

dans les locaux de l'ANM

Sylvie ALLONNEAU,

L'art de gérer la distance en médiation

le vendredi 15 mars 2024, de 9h à 17h

dans les locaux de l'ANM

Genevieve LEFEBVRE et Marthe MARANDOLA,

Le concept de l'ombre - Apprivoiser la face cachée ou mal-aimée de soi


Le samedi 23 mars 2024, de 9h à 17h

En visio

Laure SINGLA,

La Médiation environnementale / Initiation

Les jeudi 4 et vendredi 5 avril 2024, de 09h à 17h

En visio

Gabrielle PLANES,

Améliorer sa performance par l'utilisation des outils et de l'esprit de la médiation

Les jeudi 4 et vendredi 5 avril 2024, de 09h à 17h

dans les locaux de l'ANM

Céline KAPRAL,

La médiation au service de la RSE

le lundi 8 avril 2024, de 9h à 17h

En visio

Laure SINGLA,

La Médiation administrative / Approfondissement

Les jeudi 29 février et vendredi 1° mars 2024, de 09h à 17h

En visio




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Association nationale des médiateurs

21 décembre 2023

Retour sur la journée du 28 novembre à Antibes

L'ANM était représentée par :

  • Claude Pélissier Perrin, en qualité de référente ANM pour le TA de Nice
  • Amance Perrot, en qualité d'administratrice de la Commission médiation administrative de l'ANM Paca
  • Mahé Gaucherot, en qualité de co-déléguée de l'ANM Paca
Association nationale des médiateurs

18 octobre 2023

Lancement du Cycle de conférences dédié à la justice amiable

La politique de l'amiable est désormais bien engagée ! Le lancement du Cycle de conférences dédié à la justice amiable marque un pas supplémentaire dans la diffusion de la médiation, et des idéaux qu'elle véhicule.

L'Association Nationale des Médiateurs tient à remercier les ambassadeurs de l'amiable, à savoir Valérie Delnaud, Béatrice Rivail, Fabrice Vert, Carine Denoit-Benteux, Hirbod Dehghani-Azar, Romain CARAYOL, Natalie Fricero, Valérie Lasserre, et Soraya Amrani Mekki, pour la richesse de leurs échanges et leur écoute des préoccupations des conciliateurs, médiateurs et des avocats.

Le rôle essentiel du conseil national de la médiation, présidé par Frédérique Agostini, doit aussi être salué en ce qu'il permettra d'accompagner et d'améliorer le développement de la médiation.

Le Ministère de la Justice, en la personne du Garde des sceaux, a formulé des propositions fortes et attendues, dont les médiateurs suivront avec attention le déploiement.

Les acteurs de l'amiable, dans la droite lignée de ses premiers "pionniers", tels que les a cité Romain CARAYOL, véhiculeront toujours les valeurs d'écoute, de partage, de confiance mutuelle et de paix sociale que permet la voie de l'amiable, essentielle en ces temps bien trop troublés.

13 octobre 2023

Webinaire ANM : la médiation volontaire ou obligatoire ?

Le vendredi 13 octobre 2023, de 15h00 à 17h00, animé par Marie-Claire Belleau.

L'idée d'imposer la médiation s'avère une contradiction puisque, traditionnellement, ce mode de résolution de conflit repose sur la volonté et l'autonomie des parties qui doivent choisir de leur plein gré de s'y soumettre et d'y participer de bonne foi.

Toutefois, laisser la décision de procéder par la médiation aux protagonistes qui en font le choix connait ses limites.  En effet, la médiation demeure un procédé de prévention et de règlement des différends méconnu tant chez les intervenant(e)s que chez les citoyen.ne.s.

Le procès judiciaire reste le seul recours auxquels les personnes aux prises avec un conflit savent se référer. Dans ce contexte, les expert(e)s ont progressivement changé de point de vue en privilégiant une approche qui oblige au minimum la considération des différents modes d'intervention en situation de conflits et au maximum la tentative de s'entendre à l'aide de l'accompagnement d'un(e) tiers indépendant(e) et impartial(e) comme un(e) médiateur.rice.

Le Wébinaire se fonde sur une recherche de droit comparé réalisée au Québec portant sur l'analyse de différents programmes de médiation issus d'environ 28 pays. Elle vise à ouvrir le débat au sujet de l'intérêt de rendre ou non contraignant le recours à la médiation.

Elle présente les nombreuses modalités d'imposition de la médiation dans une diversité de domaines.

Vous pouvez assister au webinaire sans inscritpion. L'inscription est obligatoire si vous souhaitez que votre participation soit prise en compte.

Nous vous souhaitons à tous une très belle séance !

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Retours aléatoires sur la Lettre…
Médiation de la consommation : l'engagement de l'ANM

Mise en œuvre : l'état des lieux

Depuis un an et demi, c'est une obligation pour tous les professionnels qui vendent des biens et services aux particuliers d'offrir à ces derniers une voie d'accès à la médiation en cas de litige. Concrètement, les articles L611-1 et suivants et R.612-1 et suivants du code de la Consommation prévoient « le droit pour tout consommateur de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation en vue de la résolution amiable d'un litige portant sur l'exécution d'un contrat de vente ou de fourniture de services qui l'oppose à un professionnel. Ils énoncent également pour les professionnels l'obligation de désigner une entité de médiation de la consommation ».


L'idée était en gestation au niveau européen depuis plusieurs années et progressivement de la directive européenne du 21 mai 2013 jusqu'à l'entrée en vigueur de cette obligation au 1er janvier 2016, elle a franchi les différentes étapes qu'impose le processus législatif pour aboutir dans le code de la consommation et à la mise en place de la Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC) par l'arrêté du 15 décembre 2015.

Cette commission est composée au total de 18 membres représentant l'état (hauts magistrats, personnalités qualifiées) mais aussi les associations de consommateur agréées au plan national (4 membres) et de représentant des organisations professionnelles (4 membres). Elle est dans notre système national est la pierre angulaire du dispositif. C'est en effet elle qui évalue l'activité des médiateurs de la consommation, en contrôle la conformité avec les exigences du Code de la consommation et surtout, c'est elle qui dresse et met à jour la liste des médiateurs qu'elle notifie ensuite à la commission européenne.

Paris ne s'étant pas fait en jour, la mise en place de la CECMC et des procédures de traitement des demandes d'agrément des médiateurs a pris un certain temps. Les premières décisions de la Commission n'ont été connues qu'entre avril et mai 2016. Et aujourd'hui encore le site officiel de la médiation de la consommation (https://www.economie.gouv.fr/mediation-conso) précise toujours, à l'attention des consommateurs, que : « le dispositif de la médiation de la consommation se met progressivement en place. Il est possible que le médiateur compétent pour vos litiges ne soit pas encore nommé. La liste des médiateurs est complétée au fur et à mesure ».

À ce jour (début mai 2017, la liste des médiateurs recense, outre les deux médiateurs publics (de l'énergie et des marchés financiers), une dizaine de médiateurs d'entreprises (groupes RATP, EDF, La Poste, etc.), seize médiateurs adossés à une fédération (médiation tourisme et voyage, médiateur du conseil national des professions de l'automobile, etc.), six associations ou sociétés de médiateurs (dont l'ANM) et deux médiateurs individuels, le dernier ayant été référencé par la Commission en mars 2017.

Désignation des médiateurs : des critères légaux à la pratique de la commission

Dès août 2015 l'ordonnance a dressé la liste des critères que devaient remplir les médiateurs souhaitant intervenir dans ce domaine. L'article L 153-1 précise notamment que le médiateur doit « posséder des aptitudes dans le domaine de la médiation ainsi que de bonnes connaissances juridiques, notamment dans le domaine de la consommation » ; « être nommé pour une durée minimale de trois années » et ne pas être en situation de conflit d'intérêts et le cas échéant le signaler » (à la commission).

En pratique, c'est donc à la commission d'apprécier au cas par cas si ces critères généraux sont remplis et d'en préciser la portée, par sa pratique de l'agrément et de l'inscription sur la liste européenne. De même, la commission examine dans le détail l'ensemble des modalités pratiques de mise en place de la médiation qui doivent être décrites dans la convention liant le professionnel et le médiateur (ou l'organisme de médiation) vers lequel il entend orienter ses clients. Ce travail qui consiste pour la Commission à établir une sorte de « jurisprudence » éclairant les dispositions légales se fait en deux-temps : par un premier examen par le secrétariat de la commission (assurée par la DGCCRF, direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes) puis par la commission elle-même qui délibère au rythme de deux réunions plénières par mois. Un travail de longue haleine, qui nécessite parfois sur un même dossier plusieurs allers et retours entre la commission et l'association ou l'entreprise de médiation et une adaptation patiente des uns et des autres.

Des professionnels qui tardent encore à se saisir du sujet

L'adage qui veut que « nul n'est censé ignorer la loi » s'applique concrètement au professionnel. Les textes sont précis : le professionnel doit « communiquer au consommateur, les coordonnées du ou des médiateurs compétents dont il relève » et lui « fournir cette même information dès lors qu'un litige n'a pas pu être réglé dans le cadre d'une réclamation préalable directement introduite auprès de ses services. » S'il manque à ses obligations le professionnel est « passible d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale ».

Certes pendant toute la phase de mise en place de la médiation de la consommation, de la commission de contrôle et d'examen des dossiers par celle-ci, l'administration n'a pas appliqué ces sanctions.

Or, comme nous avons pu le constater dans nos contacts avec les professionnels et leurs fédérations, cette obligation nouvelle est d'abord passée inaperçue, puis, pour certain, a été souvent relégué dans la catégorie des dossiers sur lesquels « il est urgent d'attendre »... Ce n'est que depuis le début d'année 2017, soit plus d'un an après l'entrée en vigueur de l'ordonnance de 2015, que nous voyons monter les questionnements des professionnels.

Des questionnements souvent aussi teintés de scepticisme : « à quoi cela va nous servir, nous n'avons que peu de litiges avec nos clients, nous explique le représentant d'une grande fédération professionnelle. Et lorsqu'il en advient, nous savons déjà les résoudre à l'amiable avec nos services clients et abonnés ». D'autres professionnels se livrent à des paris, par définition risqués. « C'est une contrainte nouvelle qui pèse sur nos petites et moyennes entreprises. Mais qui nous dit qu'elle subsistera dans la prochaine législature » s'interroge un jeune chef d'entreprise. Tandis qu'un autre, avoue secrètement que « comme le mauvais élève à la veille d'un examen, il fait l'impasse sur cette question et mise sur la chance qu'il a de passer à travers... ».

La médiation peut aussi être une stratégie économique

Fort heureusement tous les professionnels et surtout leurs organisations professionnelles n'abordent pas la question avec ces « angles de fuite » mais en termes positifs de stratégies économiques. Offrir la possibilité au consommateur de chercher la solution d'un litige par une négociation avec l'aide d'un tiers extérieur, neutre et impartial est un gage d'ouverture, un signe de confiance dans la possibilité pour le professionnel d'entretenir un lien durable avec sa clientèle. Et même si elle a pour l'entreprise un coût, la médiation peut s'avérer rentable en termes d'image de marque. Sans négliger aussi les économies de temps et d'argent qu'une résolution rapide d'un litige (en pratiquement moins de 90 jours) peut procurer par rapport à la voie longue et aléatoire des contentieux judiciarisés.

En pratique, les groupements de professionnels ont choisi, selon leurs cas, entre le recours à un médiateur externe (tel qu'ANM Conso qui intervient par exemple pour l'ANACOFI, association nationale des conseillers financiers) et l'installation d'un médiateur ad hoc dans le cadre de la profession ou de l'ordre (cas par exemple du médiateur de l'Ordre des vétérinaires).

Un choix cohérent de l'association

Dès la parution des premiers textes organisant la médiation de la consommation, il est apparu que celle-ci nécessiterait la mise en place de moyens spécifiques importants (sites dédiés pour recevoir les demandes des consommateurs, gestion de la relation avec les professionnels et leurs fédérations, élaboration de rapports d'activités annuels notamment à destination de la commission de contrôle, etc.) et d'autre part, la capacité de répondre, sur tout le territoire national, aux besoins des professionnels et de leurs organisations grâce à un réseau de médiateurs répondant aux normes définies par le législateur et la commission.

Or à travers son réseau d'adhérents (adhérents directs et associations adhérentes) l'ANM disposait à la fois des compétences et des expériences requises. Par ailleurs, un certain nombre de ses membres ont rapidement compris que la commission, devant l'ampleur du projet, agréerait de préférence des organisations structurées présentant des garanties de pérennité plutôt que des médiateurs individuels. Enfin en sa qualité d'association regroupant des médiateurs venus de tous les horizons professionnels, elle était en mesure de pouvoir répondre aux demandes venues de tous les secteurs concernés et de participer par le levier de la médiation de la consommation à la diffusion de la médiation dans tous les autres domaines de la vie économique et sociale.

Restait à franchir le pas, ce qui a été fait dès la fin de l'année 2015 en créant au sein de l'association un département spécifique, ANM Conso, qui a vocation a devenir à court terme une la base d'une entité juridique spécifique appelée à prendre en charge l'activité de centre de médiation de l'association.

Pour une médiation de qualité

Les spécificités de la médiation de la consommation (le médiateur « propose » aux parties des solutions, il fournit à la commission un rapport d'activité, etc.) et surtout le volume de médiations qui pourront être nécessaire à l'issue de la montée en puissance du dispositif actuel ne doit pas, a estimé l'ANM, conduire à industrialiser le processus de médiation ni à l'automatiser.

Pour être crédible, tant aux yeux des consommateurs que des professionnels, elle doit sauvegarder la fonction d'écoute du médiateur et la capacité des uns et des autres d'imaginer des voies consensuelles de résolution du conflit. Aussi, tout en utilisant les moyens techniques qui doivent être mis à disposition des consommateurs (saisine en ligne, échanges rapides par voie électronique, etc.) la médiation de la consommation telle que la développe aujourd'hui l'ANM reste conforme aux valeurs qu'elle défend et qui placent l'humain - du consommateur comme du professionnel- au centre du débat. Et c'est là à la fois toute la spécificité de sa pratique et son engagement social à long terme.

Martine Van der Wielen, Vice-présidente, Georges Potriquet, Administrateur

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5 juin 2017
Formations

Prochaines formations


La troisième écoute, réflexions ludiques et partagées entre médiateurs

Formateur(s) : Dominique RETOURNE

L'art de gérer la distance en médiation

Formateur(s) : Sylvie ALLONNEAU

Le concept de l'ombre - Apprivoiser la face cachée ou mal-aimée de soi

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La Médiation environnementale / Initiation

Formateur(s) : Laure SINGLA

Améliorer sa performance par l'utilisation des outils et de l'esprit de la médiation

Formateur(s) : Gabrielle PLANÈS

La médiation au service de la RSE

Formateur(s) : Céline KAPRAL

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Vous n'avez pas pu adhérer au Pack ou vous avez besoin de suivre d'avantage de formation, nous vous proposons si vous suivez au moins 3 jours de formation d'ici la fin de l'année 2022 nous vous offrons la possibilité de paiement échelonnés par prélèvement automatique à la fréquence de votre choix (le dernier paiement devra intervenir avant la fin de l'année).

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  • Bâtir une stratégie commerciale efficace pour développer son activité de médiation par Dominique HIBON. -> Consulter le programme. Formation en présentiel, sur Paris.

  • L'ANC, une approche innovante de l'Etre Humain et de son Environnement par Marie-Anne SAULE. -> Consulter le programme. Formation en présentiel, sur Lyon.


  • MODULE ANALYSE DE PRATIQUE EN MEDIATION ADMINISTRATIVE par Laure SINGLA.

  • Comment passer des techniques à l'art de la médiation ? par VALLIÈRES Céline.





  • La médiation au service du dialogue social en entreprise par Aurelie MARLOIE et Améline MOREAU. -> Consulter le programme.

  • MEDIATION DE LA CONSOMMATION : Son droit et sa conduite par Catherine LELOUCH-KAMMOUN, Danièle AGUANNO-PROMONET et Georges POTRIQUET. -> Consulter le programme.


  • LA PRATIQUE DE LA COMEDIATION par Léonore COUSIN.

  • L'EMOTION EST UN PROCESSUS par Jean-édouard ROBIOU DU PONT.

  • ENTRE ANTAGONISME ET COLLABORATION par Linda BÉRUBÉ, depuis le Québec.


  • INITIATION A LA MEDIATION A L'USAGE DES PROFESSIONNELS DE JUSTICE (Magistrats - Greffiers - Avocats -Huissiers - Experts) par Nicole BERNARD, Catherine EMMANUEL, Didier MORFOISSE, Gabrielle PLANÈS et Laure SINGLA.

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Textes de référence

Lettre d'information bimensuelle de l'ANM n°109

15 janvier 2024
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Actualités

Référentiel de sélection des médiateurs à l'usage des juridictions administratives

Souhaitant s'assurer des qualités professionnelles des médiateurs désignés par les juridictions administratives, le Conseil d'Etat a réuni un groupe de travail pour réfléchir aux critères de sélection des médiateurs intervenant dans les litiges publics.

L'ANM a été représentée au sein de ce groupe de réflexion par Bertrand Maréchaux et Elsa Costa.

Trois orientations ont été retenues:

  • Le médiateur administratif doit avoir reçu une formation à la médiation. Le Conseil d'État dresse une liste non exhaustive des principales formations à la médiation.
  • Le médiateur administratif doit avoir une connaissance ou, du moins, être familier des spécificités du contentieux administratif. Cela implique une expérience en matière administrative ou une formation complémentaire de spécialisation.
  • Les magistrats prescripteurs de médiations restent maîtres de leurs choix et peuvent aussi bien désigner des personnes physiques que des personnes morales même s'ils sont encouragés à privilégier le médiateur "personne morale".

29 novembre 2022

Médiateur mis en place dans l'entreprise? Intérêt, enjeux et modalités de la médiation, par Valerie LASSERRE

28 novembre 2022

«La France est-elle une puissance médiatrice ?»

Par Tribune collective
Publié le 11/11/2022 à 11:11

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'ambition affichée par le président de la République de faire de notre pays une «puissance médiatrice» se heurte à la conception très verticale de la diplomatie française, estiment les signataires de ce texte collectif, parmi lesquels le député Frédéric Petit, d'anciens ambassadeurs et diplomates.

En août 2018, le président français Emmanuel Macron évoquait devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, son ambition de faire de la France «une puissance médiatrice». En France, les affaires du monde sont traditionnellement une prérogative de l'État et une fonction régalienne, voire un domaine réservé du président. Vus depuis Paris, les conflits se règlent essentiellement par la diplomatie et la coopération internationale. Dans cette conception/tradition, très verticale, il ne reste guère de place pour d'autres formes de médiation impulsées par les acteurs non étatiques de la résolution des conflits. Pourtant, dans un contexte international caractérisé par la multiplicité et la diversité des acteurs, la diplomatie de la paix gagnerait à ne plus être la seule exclusivité des États.

Les ONG de médiation mènent ce travail de facilitation des discussions à l'heure même où les diplomaties étatiques n'ont plus toujours, seules, la capacité de le faire, et que les organisations multilatérales montrent leurs limites.
Les signataires

Il est vrai que les conflits ont profondément évolué depuis ces vingt dernières années : insurrections djihadistes, guerre contre le terrorisme, conflits asymétriques, guerre informationnelle, retour de la guerre de haute intensité en Europe. Rares sont les périodes de l'histoire ayant connu une telle variété et complexité de conflits. Ces nouvelles conflictualités impliquent également de nouveaux acteurs. Il s'agit autant de ceux qui tiennent les armes que celles et ceux qui les subissent : communautés, groupes armés djihadistes, sociétés militaires privées, populations civiles, etc. L'irruption de ces acteurs non étatiques ne change pas seulement le visage de la guerre mais bouleverse la nature même des conflits et contribue surtout à déstabiliser profondément les sociétés.

Ces bouleversements de la guerre et de ses acteurs ont fait également émerger depuis une vingtaine d'années de nouveaux modes de résolution des conflits et de faiseurs de paix : la médiation, portée par des personnalités et des ONG.

La majorité des ONG de résolution des conflits intervient au niveau communautaire, en facilitant des réconciliations locales. Un nombre plus réduit d'ONG intervient à des niveaux plus politiques. Elles facilitent des accords entre groupes armés et gouvernements, entre mouvements d'opposition et pouvoir en place, etc. Les ONG de médiation mènent ce travail de facilitation des discussions à l'heure même où les diplomaties étatiques n'ont plus toujours, seules, la capacité de le faire, et que les organisations multilatérales montrent leurs limites.

Les ONG sont légitimes et utiles, alors même que les Nations unies sont contraintes à un certain immobilisme, prises dans les feux croisés des membres du Conseil de sécurité.
Les signataires

Les ONG de médiation sont toutefois suspectées de mener une diplomatie privée pour le compte d'intérêts politiques ou économiques cachés. Cette suspicion, liée à leur nécessaire indépendance, est particulièrement développée en France où l'intérêt du pays ne saurait être défendu par d'autres que des agents de l'État. Pourtant, les ONG de médiation sont principalement financées par des États qui ont fait de la paix et de la médiation une stratégie internationale et une marque de fabrique de leur diplomatie : Norvège, Suisse, Suède, Union européenne, etc. Ces diplomaties intègrent les actions menées par ces acteurs non étatiques, indépendants, transparents, aux méthodologies efficaces et basée sur une déontologie claire. Récipiendaires de financements publics, ces ONG rendent des comptes et sont astreints à des audits et des évaluations tout en défendant l'indépendance de leur action.

Elles ne font en réalité que mettre en pratique «l'obligation de règlement pacifique» prévue au chapitre 6 de la Charte des Nations unies, à l'instar des ONG des droits humains ou de développement qui se réfèrent aux droits universellement reconnus. Quel être humain devrait être privé de son droit à la paix ? Les ONG sont légitimes et utiles, alors même que les Nations unies sont contraintes à un certain immobilisme, prises dans les feux croisés des membres du Conseil de sécurité. Les diplomates eux-mêmes ne peuvent plus se déplacer librement en raison de l'insécurité. Dans ces circonstances, qui peut encore aller à la rencontre des membres des groupes armés et des acteurs de l'instabilité souvent considérés comme infréquentables ? Qui peut encore convier autour de la table tous les acteurs d'une crise, si ce ne sont les tiers indépendants que sont les médiateurs et les médiatrices des ONG ?

De nombreux États européens ont déjà amorcé cette approche consistant à intégrer les ONG de médiation dans leurs stratégies d'action en faveur de la paix. En France, l'intégration des acteurs non étatiques de résolution des conflits en reste pour l'heure à ses prémices. Ils agissent le plus souvent, à l'instar des organismes humanitaires, comme des prestataires de services aux populations confrontées aux crises.

Il est temps de structurer une capacité française de médiation autour de partenariats dynamiques entre diplomatie, ONG de médiation, élus et acteurs des sociétés civiles.
Les signataires

La loi du 4 août 2021 de programmation relative au développement solidaire et certains acteurs tentent de faire de «l'équipe France» une réalité sur le terrain. Toutefois, la marge de progression demeure immense. Ainsi, la diplomatie parlementaire peut constituer une force qui demeure embryonnaire et trop souvent limitée à des initiatives individuelles. Les parlementaires à l'instar des ONG ou de la coopération décentralisée, pourraient constituer des acteurs importants et influents du soft power français, forts de leur légitimité, expertise, et des liens de confiance noués loin des relations de pouvoir, souvent dans la longue durée.

Il est temps de structurer une capacité française de médiation autour de partenariats dynamiques entre diplomatie, ONG de médiation, élus et acteurs des sociétés civiles. Cela permettrait de constituer des pôles de réflexion, d'outils et d'acteurs qui puissent s'articuler ensemble et se coordonner plutôt que de s'opposer ou de s'ignorer. Ensemble, ils pourraient offrir une autre image de notre pays, lorsque la France est sollicitée ou en capacité d'agir. Plus qu'une puissance médiatrice, elle démontrerait une capacité à écouter, à accompagner et à soutenir l'autonomisation des acteurs et leur volonté de se responsabiliser. La France serait peut-être dès lors moins dans l'affirmation de sa puissance mais serait sans aucun doute mieux acceptée et bienvenue.

Signataires :
Gabrielle Planès, médiatrice, présidente de Promediation et de l'Institut de la médiation dans l'espace francophone (IMEF), Présidente d'Honneur de l'Association nationale des médiateurs (ANM)
Frédéric Petit, député MoDem des Français de l'étranger de la VIIe circonscription
Pierre Béliveau, Médiateur, directeur de l'Institut de la médiation dans l'espace francophone (IMEF).
Hugo Sada, ancien diplomate
Éric Blanchot, directeur général de Promediation
Christian Connan, ancien ambassadeur
Ahmedou Ould Abdallah, ancien ministre des Affaires étrangères de Mauritanie et ancien représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest





Lien vers l'article du Figaro

15 novembre 2022