Le médiateur : un professionnel impartial et efficace en quête de reconnaissance
” Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies “
(Amadou Hampâté Bâ)
La médiation est encadrée juridiquement depuis 1995 pour la médiation judiciaire et depuis janvier 2012 pour la médiation (1) conventionnelle. Ces textes ont le mérite d’exister mais laissent un très grand flou quant au médiateur qui est défini comme « tout tiers sollicité pour mener une médiation avec efficacité, impartialité et compétence ».
Les mots utilisés sont choisis et chacun doit prendre sens. Une compétence est une connaissance (savoir, savoir-faire, savoir-être) mobilisable, tirée généralement de l’expérience et nécessaire à l’exercice d’une activité. La compétence est donc une affaire de professionnel, nécessitant une posture de tiers, des savoirs d’action et la mobilisation d’un réseau d’acteurs (2).
Toutes les compétences s’acquièrent et se développent grâce à la formation. La reconnaissance des médiateurs par les prescripteurs, le grand public et les pouvoirs publics ne pourra se faire que lorsqu’il y aura une visibilité totale quant à la formation (contenu et durée). Tous les labels ou certifications décernés ne sont aujourd’hui que des « appellations maisons ». La démarche qualité passe par des normes qui s’appliquent à tous et qui n’existent pas encore.
L’auto-proclamation d’être uniques, leaders ou les meilleurs porte à sourire !
Quand arriverons-nous ensemble à la production de cahiers des charges agréés par les autorités compétentes, pour former des médiateurs reconnus ? Cela changerait le paysage et donnerait une autre dimension à une médiation qui peine à se développer !
Gabrielle Planès
(1) Médiation civile (y compris familiale) et commerciale
(2) Philippe Zarifian

