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Retour d'expérience : Prison de Gradignan (33)

Guillaume COUDRAY - 12 Mars 2019 - Débat organisé à la demande de la direction de la maison d'arrêt

 


Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

Co-animation : Guillaume Coudray et Fabrice Gand

Organisation : 
Matinée 1 : 15 hommes détenus du bâtiment du Module Respect
Matinée 2 : 25 hommes et femmes détenus du bâtiment principal
étaient également présents : une élue de la mairie de Gradignan + la directrice adjointe de la prison + la directrice du SPIP

Contexte : les accès à la prison étaient entravés par des feux de palettes et pneus des syndicats de surveillants en pleine manifestation. Ils étaient agacés de la tenue d’un débat pour détenus, alors qu’eux-mêmes souhaitent être entendus sur les sous-effectifs et les bas salaires.

Nous avons remarqué des similitudes entre ces débats en prison et les débats que nous avons animés dans les espaces hors prison (à Cestas, Pessac, ...) :
- les propositions sont principalement les mêmes ;
- les plus impliqués dans le débat sont les plus âgés globalement ;
- les personnes font part d’un besoin d’information, en amont du débat, de manière à ce qu’elles soient en mesure de faire des propositions pertinentes ;
- globalement les personnes se font peu d’illusion sur l’utilité du Grand Débat National.

Nous avons également pu noter des points un peu plus spécifiques au milieu carcéral :
⁃ évocation du sujet de l’état des prisons, de la réinsertion, de la recherche d’emploi ;
- impossibilité d’agencer la salle (mobilier scellé au sol) ;

Les participants ont globalement respecté les modalités de prise de parole et l’écoute, sur la base des règles d’animation du débat, qui leur avaient été proposées en introduction.
groupe 1 : les 15 se sont exprimés
groupe 2 : seule la moitié a parlé, mais équitablement entre hommes et femmes.

Le débat a pu se situer au niveau des questions nationales et collectives, et non locales, ce qui, de notre point de vue, était enrichissant et facilitant pour la synthèse.

La plus grosse colère venait d’un gilet jaune, sous le choc de l’incarcération pour 6 mois, mais nous avons pu en filtrer les propositions.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?


La directrice-adjointe de la prison, observatrice, prenait des notes, et nous avons demandé à 1 ou 2 volontaires détenus de faire leur propre restitution en complément de la directrice, pour les synthétiser ensuite en une seule.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Confirmation du rôle essentiel du cadre de la médiation (de la neutralité), pour résister aux demandes des « Et vous qu’en pensez-vous ? » et ainsi encourager la confiance dans l’expression et la diversité des points de vue.

Mise en lumière du besoin de règles de fonctionnement strictes et partagées par l’ensemble des participants (faire valider en début de séance).

Ces débats encouragent à faire confiance dans la dynamique d’un groupe et à organiser d’autres débats à effectifs importants.


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

Ne pas arriver avec une idée prédéfinie de l’importance ou de la priorité des thèmes : proposer des sujets de discussion assez précis pour délier les langues tout en restant ouvert aux centres d’intérêt de chacun (exemple : l’immigration).
- Bien définir le mode d’échange, la prise parole, surtout s’il n’y a pas de micro, comme dans la prison (ici : main levée pour prendre la parole, et se lever pour être entendu).
- Aller chercher sans forcer ceux qui ont davantage de difficulté à s’exprimer.
- Ne pas briser les colères qui s’expriment sans proposition, tout en osant interrompre pour refaire circuler la parole.
Savoir se laisser porter par la dynamique propre du groupe (le fil des sujets, quitte à ne pas tout aborder).
- Ne pas oublier de préciser les différents moyens d’expression (débat, écrits, internet) et les modalités de restitution des propositions.
- Rappeler que c’est un lieu de dialogue et d’échange entre participants (les personnes s’adressent souvent à nous, dans notre position centrale de modérateur, au lieu de se tourner vers le groupe…)

Retour d'expérience : Maison Centrale de Poissy

Daniele AGUANNO - PROMONET - 11 Mars 2019 - Débat organisé à la demande de la direction de la maison centrale

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

Une dizaine de détenus volontaires ont participé à ce débat qui s'est tenu dans la bibliothèque de la Maison Centrale  sur le thème de la Transition Ecologique.

Le contexte et le statut des participants donnaient une dimension particulière à ce débat. Ma prise en charge a été facilitée par la rencontre préalable avec la directrice de la Maison Centrale qui m'a apporté des informations sur le fonctionnement de l'établissement et le statut des détenus.
Beaucoup de créativité dans ce débat au cours duquel les participants ont proposé des idées et des solutions argumentées.
Tout s'est déroulé dans un climat de confiance et de discussion active.
La difficulté pour moi était tout à la fois d'animer, d'écouter, de noter et rédiger.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

Nous avons rédigé la synthèse ensemble en fin de débat, très dense et structurée, à partir de mes notes et en regroupant les propositions par thème. 
Je l'ai retransmise le lendemain et fais valider par les participants.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Une expérience humaine totalement inédite pour moi dans un univers inconnu mais tellement riche et impressionnante. 
J'ai découvert des hommes avec une volonté de contribuer, s'exprimer, de parler aussi d'eux, de leur famille et fiers de transmettre à un tiers leurs idées, connaissances, expériences et projets.
Cette expérience influencera sans aucun doute ma pratique de la médiation.

Retour d'expérience : Distroff (57)

Dominique WEBER - 2 Février 2019 - Débat organisé conjointement à la demande d'un groupe de Gilets Jaunes et de la Mairie.

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

Débat organisé à la demande de gilets jaunes et de citoyens de la commune de Distroff. Le maire de la commune a mis à disposition la salle et a participé activement avec ses adjoints à l'organisation comme au débat.
Environ 100 personnes présentes, beaucoup d'hommes retraités et des gilets jaunes en général plus jeunes.
Débat un peu "animé" en début de réunion et d'une manière générale très constructif;
A l'issue du débat, les participants ont souhaité organiser 3 autres débats pour traiter de sujets prévus dans le cadre du grand débat et également d'autres sujets comme l'éducation, la famille, la santé et l'Europe.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

La synthèse a été rédigée en direct par 2 personnes.
Un comité de validation a ensuite relu cette synthèse avant sa mise en ligne sur le site de la mairie, pour éventuels commentaires par les participants à la réunion.
Par mesure de précaution, l'ensemble du débat a été enregistré afin de permettre des vérifications si nécessaire.
La synthèse validée a ensuite été transmise.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Nos outils de médiateur sont parfaitement adaptés à ce type de situations. La mise en place du cadre, sa tenue avec bienveillance et autorité, l'accueil des ressentis , l'écoute active et la  reformulation sont selon moi les ingrédients nécessaires au bon déroulement de ces réunions.
A titre personnel, j'ai été ravie par ces expériences.


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

Avoir confiance dans le processus, se faire confiance, faire confiance aux personnes présentes, le tout avec humilité

Retour d'expérience : LES ESSARTS-LE-ROI (78)

Julien LECOMTE - 19 Février 2019 - Débat organisé à la demande de la Mairie

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

- Une participation importante de l'ordre de 120 personnes au départ, qui sont venues bien au-delà de la seule commune (celle-ci comportant environ 7000 habitants)
- Une majorité de personnes retraitées et une seule personne de moins de 30 ans ; quelques personnes portant un gilet jaune
- Beaucoup de colère, certes retenue, à accueillir, en particulier au démarrage
- Concernant la méthode proposée, j'ai suggéré au départ un travail en ateliers sur des thématiques choisies, mais l'assemblée à préféré le fonctionnement en plénière, sur des thématiques très diverses au fil des interventions
- La parole a été distribuée le plus équitablement possible, sur une durée choisie collectivement de 2 heures
- Les avis et propositions pouvaient diverger voire s'opposer (par exemple sur le travail) mais une unanimité a semblé se dégager sur la justice fiscale
- Les autres thématiques revenues fréquemment : la transition écologique, le train de vie de l’État, des élus et hauts-fonctionnaires, l'organisation territoriale et administrative, les services publics etc.
- L'assemblée à été respectueuse du cadre de médiation pour lequel j'ai demandé le consentement collectif au départ
- Au bout des deux heures, il restait environ 80 personnes


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

- Vu le nombre de participant et la durée choisie de 2 heures, la méthode proposée a été celle du recueil brut des avis, doléances et propositions de chaque intervention
- Concrètement, je reformulais à voix haute les propositions, en les synthétisant et en les notant sur un tableau de papier mis à disposition par la mairie
- A chaque feuille remplie, celle-ci était détachée et affichée sur le mur, visible de tous
- Il en est ressorti 80 propositions
- Ces propositions, pouvant d'ailleurs être contradictoires entre elles, ont été reprises in extenso par la mairie et transmises telles quelles en Préfecture des Yvelines
- Une personne du CEVIPOF Sciences-Po était également présente. Elle a rédigé un compte-rendu et distribué un questionnaire en fin de débat


Quels enseignements en tirez-vous ?

- Une expérience très enrichissante, en particulier sur la dimension collective avec un groupe déjà conséquent (120 personnes environ au départ)
- J'ai mobilisé beaucoup d'énergie et de vigilance intérieure 
- Confirmation du rôle essentiel du cadre de la médiation, à faire accepter en consentement collectif (un médiateur : 0% de pouvoir et 100% d'autorité)
- Un flottement de ma part au démarrage pour le choix de la méthode. J'étais sans doute trop désireux de pratiquer le travail en ateliers thématiques. C'est le groupe qui a poussé de lui-même au choix de la plénière, puis  une personne s'est "jetée à l'eau" et la dynamique du débat s'est enclenchée


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

- Ne pas arriver avec un cadre pré-défini : savoir se laisser surprendre et faire émerger clairement le choix majoritaire du mode de débat, quitte à valider ce choix par vote à main levée
- Veiller à la répartition équitable du temps de parole pour éviter que ceux qui ont "le verbe haut" ne mobilisent le débat
- Permettre aux personnes fragiles de s'exprimer au même titre que les autres et si nécessaire rappeler le cadre pour que leur parole soit écoutée avec la même attention que les autres
- Savoir se laisser porter par la dynamique propre du groupe tout en maintenant le cadre et les limites temporelles : équilibre subtil entre maîtrise et laisser-faire

 

 

Retour d'expérience : Val d'Europe (77)

Frédéric ROZIERE - 20 Février 2019 - Débat organisé à la demande de la Mairie

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

Débat en présence de 80 personnes.

J’ai effectué une réunion préparatoire de 2H avec les 4 personnes de la Mairie présentes pour le Grand Débat National. J’ai écouté leurs souhaits et fait le lien avec la proposition du gouvernement d’échanges entre citoyens sur les 4 grands thèmes. Nous nous sommes mis d’accord sur un cadre ; ci-dessous quelques grandes lignes :
-       ce n’est pas un débat politique donc le Maire est considéré comme un citoyen. Idem pour les opposants. Donc pas besoin d’un discours d’introduction du Maire ; ce n’est pas l’objectif.
-       le Médiateur anime les débats en toute neutralité et impartialité : il est LE responsable de la soirée en tant que facilitateur des débats. J’ai effectué le discours d’introduction qui consistait à poser le cadre de la soirée, pour 10 minutes, au milieu des participants.
-       Le maître mot est TOLÉRANCE : pourquoi son idée serait meilleure que celle d’un autre ?
-       Quatre thèmes, donc 4 tables (ou îlots) ou les personnes peuvent participer en fonction de leurs appétences.
-       10 minutes pose du cadre, 90 minutes débats, 2x5 minutes pause et 5 minutes pour clôturer le débat à l’heure.
-       Chaque personne peut s’exprimer ou pas et elle est responsable de SON temps de parole : elle peut l’utiliser pour dire ce qui ne va pas (râler) et/ou ce qu’elle souhaite (proposition d’idées).
-       Paper-board à chaque table sur lequel après reformulation, une personne désignée note exclusivement le souhait (en quelques mots) exprimé par le citoyen.
-       Tout citoyen a le droit à la parole : le temps est donc divisé en fonction du nombre de participant/thème/ilot. S’il reste du temps disponible toute personne peut s’exprimer une deuxième fois.
-       Tout citoyen a droit à l’écoute et au respect : impossibilité de couper la parole pendant le temps de parole et impossibilité de changer de table pendant le débat.
-       Si des frustrations, des idées, des propositions n’ont pas été entendues, nous avons installé un « cahier des doléances » à l’entrée de la salle.
-       Si pas le temps ou l’envie d’écrire avant, pendant ou après les débats, la Mairie met à disposition une adresse mail pour que chaque citoyen puisse s’exprimer librement.
-       Tous les citoyens présents lors du GDN recevront les notes de synthèse, sur demande.

Grace à une préparation qui a permis à tous les intervenants de gérer leur table, le paper board, les boissons, l’accueil des citoyens, le débat a été respectueux et constructif. 

J’ai été surpris par la quantité et la qualité d’idées notées.

Grace à la pause du cadre, je me suis senti à l’aise pendant les débats et heureux d’avoir pu contribuer pour mon pays.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

A partir des idées notées sur les paper-board.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Prise de conscience à quel point ma formation complémentaire à la Communication Non-Violente (Dr Rosenberg) est un outil parfaitement adapté et utile pas seulement à la Médiation mais aussi pour animer le Grand Débat National. 
Expérimenté en médiation conventionnelle et judiciaire, gérer 80 personnes enthousiastes pour exprimer ce qu’elles ont sur le cœur, était pour moi une première expérience. Compte tenu de la satisfaction exprimée par les participants et à l'aise pendant cet exercice, j'ai très envie de recommencer si l’occasion se présente.


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

Aucun conseil, car justement un médiateur sait s’adapter au moment présent.

Retour d'expérience : Reims (51)

Michel FORESTIER - 2 Février 2019 - Débat organisé à la demande de la Mairie de Reims

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

400 personnes environ, débat organisé par table de 10 personnes sur un des 4 thèmes pendant 1 heure, puis après la présentation des propositions des tables, changement de table pour une nouveau débat autour du même thème ou d'un autre.
On a été interrompu pendant 30' à l'issue du 1° tour par des gilets jaunes mécontents des productions d'une table.
Après leur départ, les échanges ont pu reprendre mais avec un quart de participants en moins.

Les échanges autour des tables (sauf à une exception) ont été conviviaux.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

Il n'y a pas eu de synthèse. La mairie ne voulait jouer que le rôle d'organisateur et de relais. Elle a transmis à la mission nationale les productions écrites des tables, les productions individuelles et les vidéo.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Que la démocratie participative ne s'apprend pas en un jour. Il est dommage que le débat ne soit qu'une production d'une demie journée, sans avoir de temps de reprise des propositions et d'approfondissement par les participants. C'est le symétrique du pouvoir actuel (descendant) : on arrose vers le haut (au lieu du bas), mais sans véritable échange.Sur le plan de l'animation, cela se déroule sans difficulté. L'incursion des gilets jaunes est un phénomène sur lequel personne ne pouvait avoir de maitrise.

Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

1 Qu'ils participent sans hésiter à l'animation. C'est très intéressant
2 S'ils en ont la possibilité qu'ils essaient de convaincre l'organisateur de prévoir un retour vers les participants

Retour d'expérience : Paris 6 (75)

Claude BOMPOINT LASKY - 13 Février 2019 - Débat organisé à la demande de la Mairie du VI eme

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

Mission effectuée en binôme avec Romain CARAYOL.
Préparée avec les assistantes du Maire et du Député, ainsi qu'un adjoint et un agent municipaux.
Validation d'un "cahier des charges" sur la base de la lettre d'orientation de MEDIATION 21,  fixant le rôle des organisateurs et des animateurs :
° Vidéo et écran écartés pour concentrer l'attention sur la parole, remplacés par un paperboard sur lequel seront inscrits les thèmes pour éviter des digressions.
° Enregistrement sonore de la réunion et prise de notes des organisateurs (direction des services généraux et agent municipal) .
° Les animateurs se chargent de garantir une expression de la parole libre, sécurisée, compréhensible par tous (reformulation/validation), ils n'interviennent pas sur le fond du débat.
° Utilisation d'un minuteur lumineux et sonore (3 mn x 3 fois par thème) 4 porteurs de micros en lien direct permanent avec l'un des animateurs distribuant la parole.
° Disposition des sièges en amphithéâtre - salle pleine 200 personnes - tirage au sort des thèmes par des participants, explication du cadre et des" bonnes pratiques" (tour de parole assuré, pas d'interruption, respect des opinions, éviter les doublons..) Référence à la Charte du Grand débat.
° Implication du public dans le processus sous forme de constats mais surtout de propositions.
° Brève introduction du Maire précisant qu'il s'agit de thèmes nationaux, les sujets locaux devant être abordés lors d'une autre réunion le 18 février, et du Député sur le suivi des contributions. 
° Plus de 100 interventions, pas de temps mort, pas de dérapages, pas de "catharsis", propositions de qualité sortant des poncifs médiatisés.
° Présentation de chaque thème par les animateurs, ouverture du débat par des questions des fiches synthétiques - 600 à disposition du public et une urne pour retour avec les réponses -
° 45 mn d'interventions sur chacun des thèmes - réunion de 18 h 30 à 22 h 30 - clôture de chaque thème par les animateurs et transition.
° Clôture de la réunion par le Maire et le Député.
Avant même la fin de la réunion, félicitations du public pour la liberté de parole garantie par les animateurs, et remerciements des organisateurs.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

Lors de la réunion préparatoire le 11 février à la Mairie du 6ème, il a été convenu que cette mission incombait aux organisateurs.
En plus de l'enregistrement sonore permettant une restitution fidèle, il a été prévu que des notes seraient prises durant la réunion par la représentante de la Direction des Services généraux de la Mairie de Paris et par un agent de la Mairie du 6ème.
Nous avions suggéré que le public désigne une ou deux personnes qui seraient associées à cette restitution.
Nous avons pu constater que toutes les interventions les plus marquantes étaient rigoureusement notées.
La première question posée par le public, comme prévu, a porté sur ce point "Qui fera le compte rendu ?" "Que deviendra t il ?" "Quelle suite sera donnée à ces participations citoyennes ?"  Réponses apportées par le Maire et le Député.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Cette expérience d'animation/modération relevait effectivement du avoir-faire du médiateur notamment des techniques appliquées pour garantir à chacun un libre accès à la parole de sorte que les participants soient mis en confiance quant à leur propre tour de parole et au respect de leurs interventions.
Relevait aussi du rôle du médiateur le fait de poser un cadre simple, de le faire valider par les participants et d'en assurer le respect tout au long de ces 4 heures.
Relevait également du rôle du médiateur le fait de garder sa posture de Tiers indépendant et impartial tout au long de la réunion.
La Mission du Grand Débat National nous a sollicité pour la Conférence Régionale de l'île de France.


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

Chacun applique selon sa personnalité les méthodes de communication du médiateur dans le respect des fondamentaux de la médiation.

Retour d'expérience : Guichen (35)

Marie Line DUBUIS - 28 Février 2019 - Débat organisé à la demande de Monsieur le maire de Guichen Joël Sieller

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

En présence du député de la 4ème circonscription 35 : Gaël Le Bohec qui n'a fait que participer en tant qu'auditeur. Aucune prise de parole.Très important. Cette réunion avait comme objectif de donne la parole aux participants.
J'ai animé la soirée, seule, après une brève présentation par Mr Le maire. J'avais bien insisté sur ma profession de médiateur.
J'ai fait une courte introduction en présentant les grands principes de la médiation et en expliquant que gràce à ma neutralité, impartialité et indépendance, ils allaient pouvoir s'exprimer en toute confiance. J'ai également prévisé quelques règles à respecter pour la bonne tenue de la réunion : respect des opinions des autres et écoute.
Début de la soirée : 19h. Durée initiale prévue : 2h - Durée réelle : 3h.
Le conseil municipal avait prévu une organisation basée essentiellement sur l'écoute, la liberté de paroles et la remontée des suggestions de façon transparente puisque les propositions étaient saisies, en direct, par un conseiller municipal sur un PC dont le bureau était retransmis sur un écran géant permettant à tous de voir ce qui était saisi.
Je m'assurais, à chaque prise de parole, de ce que voulait dire le(s) participant(s), en reformulant et corrigeant jusqu'à obtenir un accord sur la formulation.
100 participants. Les 4 thèmes du grand débat ont été abordés afin de permettre à chacun de s"exprimer sur ce qui lui tenait à coeur.
Cest le thème sur la fiscalité qui a été abordé en 1er et pour lequel débats et suggestions ont été les plus nombreux. Durée : 1h.
Les 3 autres thèmes ont duré 30' chacun. 
Celui sur l'environnement a été très animé également. Sur ce thème, les personnes qui sont intervenues avaient préparé leurs suggestions.
Un fait marquant à signaler : une quinzaine de gilets jaunes s'étaient installés, à l'extérieur de la , avec des pancartes, tracts...Ils ont refusé d'entrer...au début. 
En effet, après une première demi heure de débat, l'un d'eux est entré et il a pu s'exprimer. Il est ressorti et est revenu avec uen dizaine de ses compagnons. Ils sont restés toute la soirée et ont tous pu s'exprimer. 
Points de vigilance : Le respect des avis de chacun, l'écoute, le respect même lorsque divergence  d'opinion, la prise de parole à bien réguler pour permettre à tous les participants de s'exprimer.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

Toutes les suggestions ont été remontées, par thème, à la préfecture.
Le mode d'organisation retenu a permis de remonter la parole de chaucun.
La totalité des suggestions de la soirée a été mise en ligne sur le site de la mairie.


Quels enseignements en tirez-vous ?

Le fait d'être un médiateur (et de le faire savoir) et d'animer, de facon bienveillante et respectueuse, la soirée (c'est ce qui m'a été remonté par les élus et par les participants qui sont venus me remercier) a permis d'instaurer une confiance favorable à l'expression. 
Tous se sont sentis écoutés, entendus et la parole en a été libérée.
L'exemplarité comportementale a permis une ambiance apaisée pendant ces 3 heures, dans le respect des règles recommandées, même en cas de désaccord sur un sujet.
Personne ne s'est senti exclu puisque les gilets jaunes ont fini par participer. La médiation permet l'intégration et le vivre ensemble.
Nous avons toute notre place dans ce type d'intervention et je remercie l'ANM qui nous a incité à répondre favorablement aux sollicitations des maires.
Sans cette incitation, n'appartenant à aucun parti politique, je ne me serai jamais proposée.
Une expérience humaine très riche.


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

D'oser répondre favorablement aux sollicitations. D'être eux-mêmes, authentiques. L'esprit de la médiation est un formidable vecteur qui nous légitime pour animer des débats de cette nature.

Retour d'expérience : St Didier Vaucluse (84)

Pascal DENORMANDIE - 1 Février 2019 - Débat organisé à la demande de Adrien MORENAS député de la 3ème circonscription du Vaucluse

 

Vos observations et ressentis sur la tenue du débat:

J’ai assisté le vendredi 1er février au 1er rassemblement local à la mairie de St DIDIER petit village de la périphérie de CARPENTRAS.
J’y suis allé initialement comme simple observateur du débat afin déjà de me rendre compte de la manière dont il avait été organisé et animé afin d’appréhender mon rôle éventuel de médiateur ou plus exactement de facilitateur des échanges.
Ayant retrouvé sur place un autre médiateur du Gemme, ancien magistrat de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer 
dans la perspective de l’amener à L’ANM, il m’a d’emblée suggéré de faire équipe,  lui-même ayant proposé ses services au Député.

Je vous livre mes observations à l’issue de cette rencontre qui a duré près de 3 heures :

1 –Participation : 150 personnes s’étaient inscrites à l’avance par internet et divers supports de communication, 
100 personnes supplémentaires se sont présentées au dernier moment soit environ 250 présents.

2 – Débat prévu en 2 temps
            1 – Il avait délibérément été limité pour ce soir-là à 3 sujets :
-       Le pouvoir d’achat
-       Les transports
-       Le chauffage des domiciles
étant précisé que deux autres réunions se tiendront ultérieurement afin d’aborder d’autres thématiques.

Pendant cette 1ère phase d’environ deux heures, les participants étaient répartis par groupes de 15 à 25 personnes autour d’une quinzaine de tables.
Chaque table disposait d’un modérateur désigné au départ pour faciliter les échanges à charge de chaque groupe de désigner un « rapporteur » pour rendre compte à l’ensemble de la salle des travaux de chaque table.

            2 – Après les rapports un 2ème temps d’une heure avait été prévu ensuite pour les participants souhaitant poser des questions au député 
qui s’était engagé à y répondre.

REMARQUES GENERALES 

1 – Sur la répartition des participants autour des tables. 
Celui-ci s’était organisé après tirage au sort.  Le but étant d’éviter des regroupements « partisans » pouvant confisquer ou phagocyter les échanges de leur table

2 – sur l’acceptation des règles du jeu prévues ce soir-là :
seuls trois contestataires se sont exprimés au départ pour regretter que les sujets soient limités.

3 – sur la constitution de la salle :
environ 10% de jeunes de moins de 30 ans, une répartition équilibrée se faisant entre des adultes confirmés de 30 à 60 ans et des séniors de plus de 60

4 – sur le travail et les échanges à chaque table :
les modérateurs désignés ont dans l’ensemble bien contrôlé les prises et temps de parole sans frustrations apparentes 
et aucune table n’a eu à faire appel aux médiateurs

5 –sur les synthèses rapportées à la salle
A l’exception de 2 rapporteurs manifestement grognons et non ralliés au consensus général  porteurs d’une parole plus personnelle que conforme au discours de leur table, j’ai été frappé par la qualité de l’expression et de l’esprit de synthèse des autres  porte-paroles.

6 – sur la participation
Elle fût assidue sans débordement excessif sinon celui d’un orateur qui avait consciencieusement rédigé un mémoire de plusieurs pages 
mais personne n’ayant manifesté une quelconque impatience il a pu le lire debout jusqu’à la dernière ligne et se rasseoir …… satisfait de lui !

Quant aux « gilets » arborant leur signe distinctif, ils n’étaient qu’une vingtaine pour la plupart bien répartis ce qui était donc loin 
de colorier l’ensemble de l’assistance, seulement quelques touches de jaune ici et là..
Sur le calme assuré de cette manifestation, notons que le département avait quand même prévu
quelques « gilets bleus » discrets mais néanmoins équipés en pros et visibles aux abords de la salle.


Quels enseignements en tirez-vous ?

La présence d'un médiateur a in fine deux raison d'être :

1 - permettre aux animateurs de chaque table de mieux faire respecter les règles du jeu définies au départ du débat c'est à dire : 
- ne pas sortir des thèmes ou sujets du jour proposés pour la réunion
- s'exprimer à son tour sans monopoliser la parole au détriment des autres participants

2 -  Bien présenter son rôle au départ de la manifestation afin que ces interventions éventuelles non seulement ne soient pas contestées par les "récalcitrants" mais bien au contraire appuyées par la grande majorité des présents qui souhaitent chacun pouvoir s'exprimer équitablement.

 

Retour d'expérience : Salon de Provence (13)

Robert KULLING - 28 février 2019 - Débat organisé à la demande de Jean-Marc ZULESI, député LRM des Bouches- du-Rhône

 


Vos observations et ressentis sur la tenue du débat :

Débat animé en co-médiation avec Mireille BALLIT

Environ 250 personnes présentes. Un premier entretien de préparation avait eu lieu avec la collaboratrice du député en charge de l’organisation pratique du débat (salle, disposition, annonce etc.), la mairie n’étant pas partie prenante.


Nous étions pas mal inquiets en raison de la disposition de la salle « en théâtre » pour accueillir 250 personnes, ce qui rend difficile l’interaction et l’échange entre les participants. De plus la disposition de la salle ne permettait ni  écran, ni tableau. Cette difficulté allait être  tempérée par la présence de 2 bénévoles chargées de prendre des notes tout le long du débat.


Comment avez-vous rédigé votre synthèse ?

La synthèse était prise en charge par les organisateurs à partir des notes prises en séance. Les participants étaient invités à laisser leurs coordonnées pour recevoir le compte-rendu et l’amender si nécessaire. A cet effet, une liste était mise à leur disposition et la plupart d’entre eux ont répondu à la proposition.


Quels enseignements en tirez-vous ?

La présence de 2 médiateurs, neutres et indépendants, chargés uniquement de faciliter l’expression de tous les participants, a permis un débat serein, très riche, sans débordement aucun malgré la présence de quelques gilets jaunes et de participants d’horizons politiques et d’âges différents.
D’ailleurs ce type d’animation a pas mal intrigué les participants qui nous ont posé des questions sur notre contribution et nous ont chaleureusement remerciés en fin de soirée.

- Difficile de traiter les 4 thèmes en 3 heures
- Beaucoup d’intérêt pour fiscalité et dépenses publiques, et pour la transition écologique aussi
- Pouvoir d’achat, dénonciation de gaspillages et abus reviennent souvent ; aussi la retraite, difficulté de l’obtenir et rognage par la CSG…
-Difficile de  faire passer les intervenants des constats /diagnostics aux solutions


Quels conseils donneriez à vos confères animateurs de débats ?

Etre en binôme, surtout quand il y a beaucoup de monde
Trouver une posture pour guider le débat sans trop intervenir

  • 1
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Vous êtes intéressé par la médiation ?